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Qui paie les frais de notaire, quand, et que devient le trop-perçu

Qui paie les frais de notaire ? L’acheteur, sauf vente « acte en main ». Provision à la signature, décompte après publication, trop-perçu rendu.

Vérifié sur les sources officielles le , mis à jour le · Sources : Code civil, Code général des impôts, Service-public.gouv.fr et 1 autre · Par Arno Joyeux

Deux textes anciens règlent la question en une phrase chacun. Le code civil : « les frais d’actes et autres accessoires à la vente sont à la charge de l’acheteur » (article 1593). Le code général des impôts : les droits des actes qui transfèrent la propriété « sont supportés par les nouveaux possesseurs […] lorsque […] il n’a pas été stipulé de dispositions contraires dans les actes » (article 1712). L’acheteur paie donc, sauf si l’acte en décide autrement. Ce guide dit ensuite quand il paie — une provision à la signature, un décompte plus tard —, ce qu’il est en droit d’exiger du notaire avant et après, et ce que « frais de notaire » recouvre exactement.

À retenir : les frais sont à la charge de l’acheteur par défaut (code civil, article 1593 ; CGI, article 1712), mais l’acte peut les mettre au vendeur — la vente « acte en main ». Le notaire demande une provision avant la signature et remet, une fois l’acte publié, un décompte détaillé ; ce qui n’a pas été dépensé est rendu. Avant tout, « demandez un devis écrit détaillé du montant des frais à régler ou un état prévisionnel du coût de l’opération » (service-public, F17701).

L’acheteur, sauf stipulation contraire

Le principe vaut pour les trois composantes : les droits et taxes (« supportés par les nouveaux possesseurs », article 1712 du CGI), les émoluments et les débours (« frais d’actes et autres accessoires à la vente », article 1593 du code civil). Le vendeur, lui, supporte ce qui lui est propre : la mainlevée de son hypothèque, la commission d’agence si le mandat la met à sa charge, les diagnostics.

Les frais de la garantie du prêt de l’acheteur suivent la même logique : « les frais des inscriptions […] sont à la charge du débiteur » (article 2433 du code civil) — voir qui paie les frais d’hypothèque.

La règle n’est pas d’ordre public : « lorsque […] il n’a pas été stipulé de dispositions contraires dans les actes », dit l’article 1712. Les parties peuvent convenir que le vendeur paie les frais — c’est la vente dite « acte en main », ou « contrat en main » : le prix annoncé comprend alors les frais, et le vendeur les règle. Rien ne change pour l’administration, qui perçoit les mêmes droits ; ce qui change est le prix affiché, et donc, en pratique, la négociation.

Les droits sont calculés sur le prix ; les émoluments aussi, au barème réglementé — le même chez tous les notaires, majoré outre-mer (article A444-53 du code de commerce) ; les débours sont les sommes que le notaire avance pour le compte du client. Le détail poste par poste est dans le guide sur la composition des frais, et le simulateur donne le montant pour un prix et un département.

Quand : la provision, puis le décompte

Le notaire ne peut pas signer un acte de vente sans disposer des fonds : le prix, et les frais. Il demande donc, avant le rendez-vous de signature, le virement du prix — ou de la part non financée par le prêt — et d’une provision sur frais, calculée sur l’estimation des droits, des émoluments et des débours. La provision est volontairement un peu supérieure à l’estimation : le notaire ne connaît pas encore tous les débours, et il ne peut pas avancer l’impôt pour le compte de son client.

Après la signature, le notaire paie les droits à l’administration, publie l’acte au service de la publicité foncière, règle les débours réels et établit le décompte définitif. Service-public le formule ainsi : « une fois la prestation accomplie, le notaire doit vous remettre un document détaillé précisant les montants des frais à payer » (F17701). Si la provision dépassait le coût réel, le surplus est restitué ; si elle était insuffisante, un complément est demandé. L’écart est en général de quelques dizaines à quelques centaines d’euros, du côté des débours — les droits et les émoluments, eux, étaient connus d’avance au centime.

Ce que vous pouvez exiger

Avant : « quelle que soit la démarche effectuée auprès du notaire, demandez un devis écrit détaillé du montant des frais à régler ou un état prévisionnel du coût de l’opération » (F17701). L’état prévisionnel distingue les droits, les émoluments et les débours ; c’est sur lui que se compare un achat neuf et un achat ancien, ou deux départements.

Sur les émoluments, le notaire peut consentir une remise, mais elle est encadrée : « dans la limite d’un taux de remise maximal de 20 % applicable à la part d’émolument calculée sur les tranches d’assiette supérieures ou égales à 100 000 € » (article A444-174 du code de commerce, 2°). Il n’y est pas tenu, et une remise consentie « doit profiter à tous ses clients de la même manière » (F17701). Sur un achat de 250 000 €, elle vaut au plus 287,64 € TTC ; le guide sur les leviers de réduction chiffre les autres.

Après : le décompte détaillé, poste par poste, avec les justificatifs des débours. Un client qui ne l’a pas reçu le demande à l’étude ; en cas de désaccord persistant, la chambre départementale des notaires est l’interlocuteur.

Ce que « frais de notaire » ne veut pas dire

Le mot est trompeur : sur un achat ancien à 250 000 € dans un département à 5 %, les frais d’acquisition sont de 18 919,95 €, dont 15 796,25 € de droits et taxes qui vont à l’État, au département et à la commune, 2 873,70 € d’émoluments TTC — dont 478,95 € de TVA — et 250 € de contribution de sécurité immobilière. Le notaire conserve les émoluments hors taxe, 2 394,75 €, soit un peu plus d’un huitième de ce que l’acheteur appelle ses « frais de notaire ». Les débours s’ajoutent, au coût réel.

Questions fréquentes

Le vendeur peut-il payer les frais de notaire ?

Oui, si l’acte le stipule : l’article 1712 du code général des impôts ne met les droits à la charge de l’acquéreur que « lorsque […] il n’a pas été stipulé de dispositions contraires dans les actes », et l’article 1593 du code civil se lit de même. C’est la vente « acte en main ». Les droits perçus sont identiques ; seul change celui qui les règle.

Pourquoi le notaire demande-t-il plus que le montant estimé ?

Parce qu’il demande une provision, pas un prix : les débours ne sont connus qu’après la publication de l’acte, et le notaire ne peut pas avancer les droits pour son client. Le trop-perçu est restitué avec le décompte détaillé, que service-public rappelle obligatoire une fois la prestation accomplie (F17701).

Quand les frais sont-ils payés ?

Avant la signature : le notaire doit disposer du prix et de la provision sur frais pour recevoir l’acte. Le solde — en plus ou en moins — est réglé au décompte définitif, après la publication de l’acte. Le jour de la signature, l’acte règle aussi la taxe foncière de l’année, due en entier par le vendeur, propriétaire au 1er janvier : l’acheteur lui rembourse en général la part des jours qui restent jusqu’au 31 décembre — le calcul du prorata de taxe foncière la chiffre au jour près.

Peut-on demander un devis à plusieurs notaires ?

Oui, et le résultat sera le même sur les droits et les émoluments, qui sont un tarif : deux notaires facturent le même acte au même prix, à la remise plafonnée de l’article A444-174 près. Ce qui peut différer, ce sont les honoraires libres d’un conseil particulier et les débours. Le devis écrit détaillé ou l’état prévisionnel se demandent sans frais.

Sources